Dans cet article je vais vous retranscrire ma soutenance de mémoire comme si vous y étiez. Chaque slide de mon powerpoint est accompagnée des mots que j’ai prononcé devant l’assemblée présente ce jour là.

 

Bonjour Madame, Bonjour Monsieur, 

Je vais vous présenter aujourd’hui un matériau insolite que j’ai découvert et appris à aimer pendant mon stage de fin d’études de conservation-restauration au Canada.

 

Il s’agit du piquant de porc-épic. Un matériau fragile, qui a été et est encore aujourd’hui travaillé par les peuples amérindiens d’Amérique du Nord.

Il est utilisé comme élément de décoration sur un nombre considérable d’objets différents. C’est ce que l’on nomme communément là-bas, QUILLWORK, un terme anglophone qui signifie littéralement : l’art du travail aux piquants.

 

 

J’ai effectué mon stage de fin d’études au Musée Canadien des Civilisations, à Ottawa, au Canada.

Pendant 6 mois, j’ai travaillé dans le laboratoire de conservation-restauration des objets archéologiques et ethnographiques sous la supervision de Caroline Marchand, conservatrice-restauratrice spécialisée dans ces deux domaines.

Au cours de ce stage, j’ai été amenée à travailler sur de nombreux objets ethnographiques. J’ai découvert un vaste panel de matériaux mais j’ai été particulièrement sensible aux objets constitués de piquants de porc-épic.

Pendant que j’effectuais mes recherches de traitement, j’ai constaté qu’il n’existait que très peu d’information pertinente sur ce sujet d’un point de vue technologiques ou ethnographique et évidemment aussi dans notre domaine : la conservation-restauration. Ma curiosité n’en a été que plus stimulée et j’ai alors décidé de consacrer mon mémoire à ce matériaux typique du continent nord-américain.

 

 

On retrouve des piquants de porc-épic comme éléments de décoration sur beaucoup d’objets amérindiens,  domestiques ou sacrés : des sacs, des mocassins et des vêtements en cuir, des boites en écorce de bouleau, des assises de chaise en bois, des étuis à couteau, des pipes, des chapeaux, des peignes, etc…

Il a fallu que je commence depuis le début et c’est la raison pour laquelle mon mémoire englobe des thèmes qui ne sont pas forcément directement liés à la conservation-restauration des piquants. J’ai ainsi abordé l’histoire de cet art méconnu : de sa mise en œuvre à son utilisation sur les objets ethnographiques, ou bien encore celui des différents procédés de teintures qui ont été utilisés pour produire les couleurs que vous pouvez observer ici.

 

 

Je vais, dans un premier temps, vous présenter brièvement ce matériau puis vous soumettre les raisons qui m’ont poussée à effectuer ce travail d’expérimentation sur les procédés de teintures et pour conclure, vous proposer deux techniques de réintégration colorée tout à fait originales ?

 

 

Les piquants de porc-épic sont des poils modifiés que ce dernier peut orienter comme bon lui semble. Ils sont utilisés par l’animal comme sytème de défense.

Le porc-épic d’Amérique, aussi appelé ourson coquau ou bien encore Erithizon dorsatum, possède trois sorte de poils : des poils courts – les bourre ; des poils longs – les jarres et des piquants. Il mesure 70 à 90 cm de long pour environ 30 cm de hauteur et ne dois pas être confondu avec son cousin de l’ancien monde.

 

 

Avant la colonisation, l’habitat de l’ourson coquau recouvrait quasiment tout le nord du continent américain, d’une rive à l’autre, et son utilisation par les nations pouvait être attestée jusqu’au sud du territoire actuel des Etats-Unis , ici en rouge. On aurait pu penser que la pratique de la broderie aux piquants se serait cantonnée au lieux de l’habitat naturel du porc-épic, cependant, on peut aussi noter par l’observation de cette carte, que certaines tribus des Plaines, ici en jaune, pourtant extrêmement réputées dans l’art du travail aux piquants, ne vivaient pas directement dans le milieu naturel de l’animal.

 

 

A l’état naturel, les piquants sont de couleur crème et leur pointe est brun foncé. Les plus petits mesures environ 3cm de long et les plus grand 6 à 10cm. Leur diamètre n’est pas forcément proportionnel à leur taille. Les plus court sont souvent les plus épais et peuvent mesurer jusqu’à 2mm d’épaisseur.

– l’intérieur du piquant est spongieux, c’est la médulla,

– il est protégé par une fine enveloppe dure, la cuticule, qui est recouverte d’écailles orientées vers la base du piquant, c’est-à-dire la partie proximale,

– la pointe des piquants est aussi recouverte d’écailles – appelées crochets ou barbes – visibles à l’œil nu et orientés dans le même sens que les écailles de la cuticule.

Tout comme la laine, les cheveux ou encore les plumes, les piquants de porc-épic sont des matériaux protéiniques appartenant à la famille des kératines dures. Ces poils, dont la fonction détermine la morphologie, sont rigides. Les kératines dures à l’opposée des kératines molles se caractérisent par une forte concentration chimique en souffre.

 

 

Afin de vous donné une idée, je vous présente sur ces photos, l’aspect des différents poils qui composent le pelage du porc-épic, une fois récolté sur l’animal à gauche, et après avoir été trié par mes soins, à droite.

Vous pouvez distinguer sur la deuxième image, les piquants et les jarres, prêt à l’emploie et triés par tailles et épaisseur. Les bourres ne sont pas utilisés dans l’art de la broderie, je ne les ai donc pas gardé.

 

 

Mon travail d’expérimentation sur les procédés de teinture a été initié par différentes questions que je me suis posées. En observant et en manipulant les objets de la collection du MCC décorés de piquants, j’ai remarqué certaines similitudes dans leur état de conservation. J’ai voulu savoir si les procédés tinctoriaux et les colorants avaient une incidence sur la conservation plus ou moins bonne des piquants de porc-épic sur lesquels je travaillais.

 

 

Pour commencer, certaines couleurs semblaient plus vives que d’autre en fonction des objets : la nature des colorants qui avaient servi à les teindre jouait-elle un rôle dans ce constat ? Je me suis aussi demandé si l’on pouvait retrouver la nature de ces colorants, autrement que par l’analyse instrumentale, souvent fastidieuse et onéreuse ?

 

 

Il existe en fait 3 sortes de colorants historiquement attestés dans l’art de la teinture amérindienne des piquants de porc-épic :

            – les colorants naturels indigènes, c’est-à-dire ceux qui proviennent de la zone géographique où ils sont utilisés;

            – les colorants naturels importés, c’est-à-dire ceux qui ont été introduits par exemple par les colons lors de la colonisation du Nouveau Monde au 16° siècle et

            – les colorants synthétiques découverts au 19° siècle à l’époque industrielle.

 

 

Les colorants naturels offrent généralement une gamme de couleurs différentes de celles que produisent les colorants synthétiques. En effet cette dernière est beaucoup moins subtile.

On peut se demander si les colorants synthétiques produisent par nature des couleurs plus vives que les colorants naturels, ou bien si c’est juste parce qu’ils se sont mieux conservés ou encore que les objets sur lesquels ils ont été utilisés sont moins anciens et donc peut-être moins dégradés ?

Il me semble intéressant de pouvoir déterminer la nature des teintures qui ont été utilisées sur ces objets souvent dénués de documentation relative à leur provenance ou leur époque de fabrication. La caractérisation de ces teintures pourrait-elle, entre autres choses, apporter des informations sur la datation de ces objets ?

 

 

J’ai donc créé un répertoire de piquants classés par couleur et par colorants et qui pourrait être facilement manipulable par les chercheurs. Sur cette photo, vous pouvez voir des exemples d’échantillons de piquants que j’ai teints et inséré dans de petites cartes en carton noir.

 

 

Ce nuancier permettrait par simple comparaison visuelle d’émettre des hypothèses sur la nature des éléments tinctoriaux utilisés pour produire les couleurs étudiées. Le chercheur pourrait à sa convenance soit consulter ma banque d’image classées par famille de colorants (indigène, importés ou synthétique) ou bien positionner sur l’objet les carte d’échantillon qu’ils jugent proche de la couleur qu’il étudie.

Bien entendu cette méthode d’analyse visuelle est relative, elle repose sur la perception et le jugement subjectif du chercheur, mais elle peut rapidement et facilement lui donner des indices qu’il pourra s’il le souhaite corroboré par l’analyse instrumentale.

 

 

D’autre part, j’ai aussi remarqué que certaine couleurs semblait plus fades et plus dégradées par la lumière sur un même objet ou bien d’un objet à un autre. La résistance des teintures à la lumière n’est pas bonne. Ces matières colorantes organiques sont très photosensibles mais certaines couleurs ou certains colorants sont-ils plus résistant que d’autre ? Je ne suis pas encore en mesure de vous donner des réponses définitives sur ce point mais je tiens à vous signaler que j’ai lancé un test de vieillissement contrôlé des couleurs de ces échantillons au Canada et qu’il est en court d’exécution.

 

 

Sur ces photos, vous pouvez voir le couvercle d’une boîte décorée de piquants teints avec des colorants naturels. On remarque que les couleurs ont presque toutes disparu. Sur le détail, à droite, vous pouvez voir qu’elles étaient initialement dans les tons rouge et bleu-violet. Le ton brun-vert, semble lui avoir mieux résisté à la lumière. Cela dit, d’après mes recherches et mes observations, je présume qu’à l’origine il s’agissait d’un noir plus soutenu et non d’un vert foncé.

La poussière est un facteur de dégradation très commun. Elle a eu ici un effet positif en protégeant ces parcelles de couleur de la lumière, mais je profite de cet exemple pour vous signaler qu’elle est aussi l’un des facteurs les plus dangereux pour les piquants.

 

 

Elle peut fournir un environnement attractif pour les insectes et les microorganismes, favoriser les microclimats, pénétrer de façon irrémédiable sous les écailles de la cuticule des piquants et engendrer une coloration gênante, abraser et endommager la surface des piquants et pour finir initier des traitements de nettoyage trop intenses ou mal pratiqués. En effet, si le restaurateur ne prend pas garde au sens des écailles pendant son traitement de nettoyage, il peu provoquer lui aussi la pénétration irrémédiable de la poussière sous les écailles.

 

 

Sur ces photos, vous pouvez voir une paire de jambières dont les piquants ont été teints avec des colorants synthétiques cette fois-ci. On remarque que dans l’ensemble les couleurs paraissent avoir bien résisté au passage du temps. Cela dit, le violet paraît fade. Sur le détail, à droite, vous pouvez observer des piquants soulevés – une altération très fréquente sur ces objets fragiles et sensibles à la manipulation. On remarque que le violet initialement perceptible devait plutôt ressembler à ce que l’on peut voir sous les piquants soulevés.

 

 

Dans un second temps, j’ai également pu constater que certaines couleurs semblaient plus appréciées que d’autres par les insectes kératinophages. Certaines couleurs ou bien certains colorants serait-ils préférentiellement attaqués par les insectes ? Auraient-ils un effet attractif ou au contraire répulsifs sur eux ?

 

 

Vous pouvez voir sur cette photo que les piquants teints dans les tons jaune-brun, signalés par les pointillés jaunes, semblent avoir été plus dévorés que les autres.

 

 

Certains colorants à base de fruits seraient-ils par exemple plus appréciés que d’autres ? Certains colorants à base de plantes ayant des propriétés insecticides seraient-elles répulsives et dans ce cas auraient-elle joué un rôle protecteur pour les piquants ? Certains processus de teinture aurait-ils pu fragiliser les piquants, favorisant ainsi leur consommation par les insectes ?

 

 

Pour finir, les processus de teinture ou leurs colorants auraient-ils un impact sur le comportement physico-chimique des piquants et sur leur aspect ?

Je ne fais pas référence ici à leur aspect coloré, bien entendu, mais à une modification chimique et physique (symptomatique) pendant leur mise en œuvre. Il s’agit dans ce cas d’une dégradation technologique du matériau.

 

 

Je ferai ici un petit rappel des trois différentes catégories de dégradations qu’il est essentiel de distinguer, notamment dans le domaine de l’ethnographie.

Il s’agit des dégradations technologiques, c’est-à-dire celles qui sont entrainées par la transformation des matériaux lors de leur mise en œuvre et qui sont donc initiés dès la phase de création de l’objet ; des dégradations d’usage, qui sont occasionnées par la fonction même de ces objets  et des dégradations d’ambiance, autrement dit celles qui sont entrainées par l’environnement de l’objet tout au long de son parcours.

 

 

Vous pouvez voir sur ces photos que les piquants de couleur brun foncé sont translucides, signe de la disparition de la médulla, la partie spongieuse qui est à l’intérieur du piquant.

Je trouve intéressant de constater que j’ai observé ce phénomène pendant mes essais de teintures lorsque mes bains étaient trop chauds, trop longs, trop basiques ou les trois à la fois.

A ce propos je rappelle que les matériaux constitués de kératine dure sont très sensibles aux bases mais qu’ils résistent très bien aux acides.

Ce n’est qu’une hypothèse mais peut-on envisager que l’aspect translucide et la disparition de la médulla auraient pu être occasionnés par le processus de teinture à l’époque de la fabrication de l’objet ? Il est très difficile de répondre à cette question et je pense qu’aucune analyse scientifique ne le pourrait, mais par l’expérience, on peut parfois observer des similitudes à partir desquelles on peut émettre des hypothèses.

 

 

Pour finir cette présentation, je voudrais vous exposer deux manières d’appréhender la question de la réintégration colorée sur des objets endommagés.

Les objets en piquants de porc-épic sont très fragiles à la manipulation et comme tout objet ethnographique, ils ont subit des dégradations d’usage liées à leur fonction. Ces objets sont généralement très lacunaires et leurs couleurs sont bien souvent irrémédiablement endommagées.

 

 

Nancy Fonicello est une restauratrice spécialisée notamment dans la restauration des objets en piquants de porc-épic. Elle travail dans un atelier privée de restauration d’objets ethnographiques aux Etats-Unis, qu’elle a fondé en 2001.

Elle a une manière bien particulière de travailler parce qu’en plus d’être restauratrice elle est aussi artiste et possède donc une connaissance approfondi et artisanal de ce matériau qu’elle sait teindre et broder.

 

 

Je vous présente rapidement ici une technique de réintégration colorée qu’elle a inventée et qu’elle pratique depuis maintenant 5 ans. Elle ne met cette technique en application que pour des demandes bien particulières de collectionneurs privés.

Au lieu de stabiliser les piquants abîmés autour d’une lacune tels que nous le faisons couramment, c’est-à-dire à l’aide d’un adhésif par exemple, …

 

 

… elle utilise de vrais piquants, récents, qu’elle teint elle-même au coloris actuel des piquants authentiques, avec des colorants modernes, mais en y ajoutant un composé invisible sous éclairage normal et qui réagit sous lumière noire en devenant fluorescent.

 

 

Ce produit est en fait utilisé initialement en criminologie ou bien sur les documents administratif officiels : les passeports ou les billets de banques, par exemple. Ce composé chimique, un simple azurant optique utilisé en infime quantité, n’est pas toxique et présente l’avantage d’être stable dans le temps.

Je vous précise ici, que la différence des couleurs fluorescentes que vous pouvait observé sur la photo de droite n’est pas lié au fait que Nancy ai utilisé deux sortes de marqueurs UV, produisant deux couleur différentes, mais plutôt à la couleur de la teinture qu’elle a utilisé et qui influence la couleur du marqueur UV.

 

 

Selon elle, ce procédé présente l’avantage de redonner sa stabilité et sa cohésion aux objets qui seront ensuite manipulés par les particuliers, des personnes qui ne sont peut-être pas aussi sensibilisées que le personnel des musées et qui souhaitent que l’objet retrouve son unité et sa lisibilité. Elle m’a expliqué que cette technique répondait au code déontologique de la conservation-restauration appliqué aux Etats-Unis. Elle est totalement réversible.  L’intervention est visible sous lumière noire et invisible sous un éclairage normal. Elle est compatible avec les matériaux de l’objet. Les nouveaux piquants se comportent comme les piquants authentiques. Et pour finir, elle permet surtout d’éviter les ajouts d’adhésifs.

 

 

Mais il nous vient immédiatement plusieurs objections ou questions à propos de ce traitement très interventionniste. Cette technique chronophage demande une très grande maitrise des matériaux, des procédés de teintures et des techniques de broderie aux piquants. Etant relativement récente, on manque de recul et on se demande rapidement si elle sera compatible avec les futurs traitements de restauration qui pourront être pratiqués sur l’objet ou bien si les teintures récentes vieilliront de la même manière que les teintures d’origines. De plus, elle va à l’encontre de la tendance actuelle en conservation-restauration des biens ethnographiques, qui prône des interventions minimales.

 

 

Cependant, la dégradation des objets est indéniable et la modification de la perception que nous avons d’eux est dans certains cas considérable.

 

 

Sur cette photo, vous pouvez voir une boîte lacunaire et encrassée dont les couleurs ont majoritairement disparu. La perception actuelle de cette boîte n’a de toute évidence plus rien à voir avec ce qu’elle était à l’époque de sa fabrication.

 

 

Actuellement, voilà ce que l’on peut faire avec des traitements conventionnels de restauration. La perception de l’objet est améliorée mais elle ne correspond toujours pas à ce qu’il avait pu être.

Je me suis alors demandée si je pouvais retrouver un aspect visuel de l’objet, le plus proche possible de celui perceptible à l’époque de sa création mais sans intervenir directement sur l’objet ?

 

 

J’ai donc essayé de retrouver les couleurs des piquants, heureusement parfois préservées grâce à la poussière ou encore visibles sous ceux qui sont cassés.

J’ai ensuite à l’aide d’un logiciel informatique de traitement des images tenté de donner une interprétation colorée de l’aspect général de l’objet.

On peut voir ici que l’objet n’avait rien à voir avec celui qui nous est parvenu.

 

 

Voici un deuxième exemple,…

 

 

… et ce que l’on fait actuellement,…

 

 

… et voici ce que l’on pourrait faire grâce à l’informatique.

 

 

Cette démarche pourrait offrir un outil didactique et complémentaire pour le grand public qui disposerait ainsi d’une nouvelle manière de percevoir ces objets. Proposée en complément de l’artefact, il en enrichirait sa compréhension et sa lecture.

Il offrirait aussi aux conservateurs des informations qui ne lui sont pas forcément accessible. Etant des observateurs privilégiés de ces biens, notre rôle est aussi d’aider les chercheurs en leur apportant des informations techniques auxquelles nous avons accès.

 

 

De plus ce processus respecte parfaitement les codes déontologiques appliqués aux objets ethnographiques. Il n’a aucune incidence sur l’intégrité et sur l’authenticité de l’objet et permet, d’une façon détournée, de lui redonner une unité.

 

 

Cela dit cette démarche a elle aussi des limites.

– La perception des couleurs et leur interprétation par le regard humain sont des problématiques délicates bien que ce dernier soit un outil remarquablement sensible, parfois même plus que les outils de mesure des couleurs dont nous disposons… (ex : colorimètre).

– Evidemment, ce processus est complexe et il nécessite des compétences en conservation-restauration mais aussi en infographie ?

– Naturellement, on peut aussi se demander dans quelle mesure il nous est possible de retrouver les couleurs authentiques de l’objet alors que ces dernières ont irrémédiablement évolué ? Pourrait-on, dans ce cas, envisager d’utiliser le nuancier que j’ai fabriqué ?

 

 

Mes exemples de réintégration colorée sur ordinateur ne sont que des propositions. Je les ai ai réalisées sans aucune prétention et le résultat est discutable. Il s’agit simplement de vous donner une idée du potentiel des outils informatiques dont nous disposons aujourd’hui et qui sont utilisés depuis quelques années déjà dans le domaine de l’Art. Pourrait-on envisager une reconstitution virtuelle imprimable ensuite en 3D grâce à une imprimante 3D ?

 

 

En conclusion, ce mémoire rassemble des connaissances et répond à des questions d’ordre historique, technologique et ethnographique. Mais il soulève aussi des problématiques de restauration qui seraient je pense des pistes de recherches intéressantes à approfondir. Il ouvre aussi de nouvelles perspective qu’en à notre manière d’appréhender notre profession.

La réintégration virtuelle, ce processus de compensation, qui selon moi n’est pas à la porté des infographistes seuls car ces derniers ne disposent pas du bagage culturel et scientifique suffisant pour comprendre ces objets, serait-il une nouvelle profession ou une nouvelle spécialisation de notre profession ? Cette approche s’inscrit en tous cas indiscutablement dans notre époque…

 

 

Je vous remercie de votre attention.